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MARCH, 2018

Advocacy
Gun Control
Society

Le 24 mars 2018, dans une vague d’émotion nationale et de ras le bol populaire contre les actes de violences meurtrières liées à l’utilisation des armes à feu, les centres sociaux de New York ont pris part à March For Our Lives. “Marche pour nos vies” est le nom donné aux manifestations qui ont eu lieu dans les principales grandes villes du pays et qui ont réuni des centaines de milliers de manifestants, en réaction à la tuerie de Parkland perpétrée par un lycéen  dans son établissement scolaire de Floride.

Le contrôle des armes à feu (“Gun control”) se heurte au plafond de verre constitutionnel en matière de contrôle inscrit dans une tradition de libertés garanties par la constitution américaine dans son deuxième amendement :

Une milice bien organisée étant nécessaire à la sécurité d’un Etat libre, le droit qu’a le peuple de détenir et de porter des armes ne sera pas transgressé”.

La crainte de se voir désarmer par le nouveau gouvernement fédéral et de se faire imposer de nouvelles règles encouragea le législateur à graver dans le marbre la liberté  de s’organiser en milice et de posséder une arme.

Après chaque tuerie, le débat sur les armes à feu est relancé. Au caractère répétitif du phénomène s’est ajoutée l’élection du Président Trump qui à mon sens a eu un effet positif sur l’engagement civique des Américains. Ces derniers condamnent déclarations de la Maison blanche et les clivages liés à “la race” ou l’origine et la religion entretenus par un Président de plus en plus contesté. Dans un contexte New Yorkais majoritairement démocrate et marqué par une grande défiance aux prises de positions présidentielles, “March For Our Lives” est un mouvement qui se développe en exerçant une pression sur les élus locaux.

Le site de March For Our Lives propose des ressources nécessaires à l’accompagnement des initiatives locales pour développer de l’engagement civique et faire grandir le réseau. Une campagne active est menée pour mobiliser le plus grand nombre d’Américains à s’inscrire sur les listes électorales. A New York, le taux de participation aux scrutins est faible et contraste avec la capacité des Américains à organiser des campagnes d’expression citoyenne.

University Settlement House marchers.

Pour les marcheurs, il n’y a aucun doute: le pays doit changer de matrice et durcir sa législation. Ces changements doivent passer par l’election de représentant(e)s au Congrès américain qui s’engageront à transformer la société américaine en profondeur.

Tout au long du parcours entre la 61ème rue West et la 42ème rue, on pouvait lire sur les panneaux des messages tels que “plus jamais”, “de l’action – pas de prière”, “pas un de plus”, “ceci est une zone scolaire pas une zone de guerre”, “NRA: No Reason At all”…

A l’unison ou en canon, les manifestants donnaient de la voix et le slogan contagieux de la journéeles remplissaient les larges avenues de la ville:

– “What do we want?

– “GUN CONTROL”!

– “When do we want?”

– “NOW”!

Les messages écrits ou les chants condamnent l’accès facile aux armes à feu, ces conséquences tragiques, ceux qui en tirent profit et l’absence de volonté des politiciens à passer à l’action pour arrêter cette tragédie.
Toutes les générations étaient présentes à la marche. Les jeunes aux côtés de nombreuses familles, certaines avec des enfants perchés sur les épaules de leurs parents. En s’attaquant à des enfants au lycée de Floride ou au spectateur d’un concert à Las Vegas quelques mois plus tôt, les auteurs de ces drames s’attaquèrent aux valeurs de l’Amérique que représentent la famille et la jeunesse.
 

Le maire de la ville Bill De Blasio et le Gouverneur prirent part à la manifestation. Selon le journal en ligne AMNEWYORK, le chanteur Paul McKartney était également présent. Il fut le partenaire artistique de John Lennon, victime le 8 décembre 1980, à quelque pas du lieu de départ de la marche, d’un assassinat à l’arme à feu.

Au terme de cette action collective au rayonnement médiatique important, je constate que plus de 90% des manifestants appartiennent à la catégorie des “White-Americans” (ce constat ne valant pas pour la composition de la délégatoin de marcheurs des centres sociaux). Dans une société où l’on se définit par sa “race” et son “ethnie”, l’enjeu de la sécurité collective ne parvient pas à faire converger les luttes. En effet quelques jours plus tard, en réaction à la mort par balles d’un homme “Black” à Sacramento lors d’une intervention policière, un rassemblement de soutien et de revendication avait réuni quelques dizaines de manifestants sous l’étendard du mouvement “Black Lives Matter”. Le défi du contrôle des armes à feu aux Etats-Unis n’est pas nouveau mais il s’inscrit dans des défis qui s’inscrivent dans une continuité par rapport au passé.

acsa mourad chalal

MOURAD CHALAL PORTFOLIO

This portfolio provides examples of my work and enables potential partners and community friends around the world to see an in-depth summary of what we have accomplished.

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