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April, 2018

 

Un mardi soir, à 18 heures, les jeunes du quartier sont invités à participer à la première de trois rencontres organisées par Henry Street Settlement. Les thèmes de la soirée: le maintien de l’ordre, la sécurité dans le quartier, les contrôles de police et comment connaître ses droits.

Pour discuter de ces sujets qui ne cessent à New York d’obséder habitants, associations locales et responsables politiques, Henry Street Settlement a invité des personnes très engagées et membres d’associations qui oeuvrent pour l’amélioration des conditions de vie dans les quartiers en développant le pouvoir d’agir de leurs habitants.

 

Avant de donner la parole aux jeunes, les intervenants se sont présentés tour à tour. Chacun a partagé une anecdote personnelle. Deux des trois intervenants ont respectivement indiqué avoir perdu un frère ou une fille, victimes des balles provenant de tirs de police ou d’un acte de violence dans le quartier. Ces témoignages poignants donnèrent le ton à cette soirée dont la fréquentation ne reflétait pas la place importante de ces sujets dans le quotidien des New-yorkais. En effet, de nombreux témoignages recueillis depuis mon arrivée dans le Lower Etat Side (ou LES) et Ingersoll (Brooklyn) font état du niveau de violence dans les quartiers. Ici, rares sont les habitants qui n’ont jamais entendu de tir d’armes à feu. En cliquant ICI, vous pourrez lire l’histoire de la disparition de Tayshana, la fille de Mr Murphy ainsi que le combat de Mr Murphy pour arrêter le cycle infernal de la violence.

 

Pour  Victoria Davis, il faut construire la communauté plutôt que de grossir les rangs de la police. Son association, “Justice committee”, propose des formations aux premiers secours afin de pouvoir sauver des vies avant l’arrivée des secours.
“Mister (Taylonn) Murphy” attrape les jeunes par ces mots et les regardent droit dans les yeux avant de leur lancer: “la communauté commence par vous!”. La mort par balle de sa fille a fait naître chez cet homme une dévotion pour la survie des habitants à travers une organisation communautaire qui passe par l’engagement et les solidarités. “Quand allons-nous nous unir?” lança-t-il aux jeunes?

Victoria Davis

Marquis Jenkins

“Mister (Taylonn) Murphy”

Kristofer Bain

 

Le troisième invité, Kristofer Bain, vient du Queens et plus précisément de Queensbridge Houses. “698” est le plus grand quartier d’habitat social d’Amérique du nord. Il s’étend sur 6 pâtés de maisons le long desquels s’alignent 96 immeubles. L’année dernière, Kristofer Bain et 6 autres personnes sont parvenus à faire taire les armes sur l’ensemble de ce quartier. Et ce, pendant 365 jours! L’article du New York Times racontent au moment de cette date anniversaire le travail de médiation de ces hommes de terrain.

 

Bryianna, du haut de ses 16 ans, prit la parole à plusieurs reprises pour témoigner des réalités du quartier. A sa connaissance de l’environnement et la description des conditions de vie dans les immeubles de l’avenue “D” s’ajouta une analyse qui encouragea les intervenants à motiver les jeunes à s’engager pour leur quartier et leur communauté.

“When we stop being the victim
We start being the victor.”

“Mister Murphy”

Officer Burke

Dans la salle, un autre habitant du quartier pris part à la discussion. En uniforme, l’officier Burke se présente comme un habitant investi dans la communauté qu’il connaît bien. Il prit de son temps pour venir dans le centre partager la façon dont il vit son métier. Les actualités marquées par les bavures et la présence dans la salle de personnes victimes de violences policières n’ont pas découragé cet homme sympathique et disponible que tous placent dans la catégorie des “good cops”. Toutefois, les échanges furent nourris lorsque l’officier Burke indiqua que durant l’esclavage les esclaves n’étaient légalement pas des citoyens mais la propriété des blancs. Cette remarque offensante et maladroite fit réagir dans les rangs des intervenants qui rappelèrent que l’histoire de la police aux Etats-Unis a pour origines les milices chargées de retrouver les esclaves en fuite.

Ce passage animé dans les discussions fut atténué par l’intervention de Marquis Jenkins, le modérateur de la soirée qui a salué la présence et la participation de l’officier Burke. Organisateur communautaire au sein de NAACP LDF, et résident du LES, il travaille à soutenir les efforts des associations appartenant aux “communautés de couleurs” (désolé pour cette traduction qui ne me fait pas plaisir) cherchant à résoudre les problèmes de justice pénale. Marquis indiqua que “cette soirée n’a pas pour but de nous en prendre à la police ni au système judiciaire mais de nous permettre de nous occuper de notre communauté”.
Les dernières interventions exprimèrent la force de l’engagement. ABC: “Adversity Builds Character” insista “Mister Murphy” qui invoqua l’esprit d’Ubuntu, une notion proche des concepts d’humanité et de fraternité.

“People don’t make who I am
I make who I am!”

“Mister Murphy”

Au lendemain de la publication de ce post, Melissa Aase, directrice de University Settlement, me transmet un article paru dans The Intercept qui indique que la base de données des criminels est en expansion depuis l’election de Bill de Blasio. Il y est également question de la criminalisation des jeunes en milieu urbain en définissant un gang comme étant “un groupe de personnes ayant une structure formelle ou informelle qui comprend des dirigeants et des membres désignés, qui se livrent ou sont soupçonnés de se livrer à une conduite illégale”. Vous trouverez ICI le lien vers cet article déroutant!

acsa mourad chalal

MOURAD CHALAL PORTFOLIO

This portfolio provides examples of my work and enables potential partners and community friends around the world to see an in-depth summary of what we have accomplished.

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